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Nador à l'heure de la réconciliation
Les acteurs des droits humains dans la ville de Nador se sont mis à l'heure de la réconciliation.
La véritable, disent-ils. Une commission dans ce sens a vu le jour composée des trois structures actives à Nador : Organisation marocaine des droits de l'Homme, Association du Rif pour les Droits de l'Homme et l'Association marocaine des droits de l'Homme. L'objectif, selon les initiateurs de cette action, est d'accompagner les efforts déployés pour mettre la main sur toutes les questions ayant entaché le passé des populations locales, notamment lors des événements de 1984.
Que prévoit cette nouvelle structure de coordination? D'abord, poursuivre le travail de l'ancienne Instance Equité et Réconciliation. La vérité devrait être mise en lumière, et ce ne sont pas les témoins qui manquent. En effet, le chauffeur de l'ambulance de l'hôpital Hassani est encore vivant et peut témoigner du lieu où sont enterrées les victimes de 1984. Plusieurs observateurs de la ville parlent, sous l'anonymat, du lieu qui a servi de fosse commune aux victimes.
Il s'agit bien de la caserne de Taouima. D'où, la première action de cette commission de coordination sera l'organisation d'un sit-in sur place pour réclamer toute la vérité. Outre la révélation officielle de la vérité, les trois structures entendent revendiquer l'exhumation des corps des victimes du soulèvement populaire, comme ce fut le cas pour les disparus politiques. «Il n'y aurait pas de différence, dans la mesure où toutes les familles veulent connaître d'abord le sort des leurs, mais aussi l'endroit où ces personnes sont enterrées pour se recueillir sur elles», indique un acteur des droits humains de la région.
Par ailleurs, on appelle à la mise en oeuvre de la recommandation de l'ancienne IER concernant le prélèvement des échantillons des dépouilles pour les besoins d'ADN. Tout le monde a le droit de connaître tout sur cet événement tragique.
Nouri Zyad
Libération