©2006  www.sebtamlilya.net       
Sebta, Mlilya et le mur de la honte



La clôture de la honte à Sebta et à Mlilya













Exploitant la nouvelle politique de l'Union européenne en matière d'immigration, centrée sur " une immigration choisie ", l'Espagne a lancé en 1998 la construction de deux murs de la honte : le premier autour de la ville de Sebta et le second ceinture la ville de Mlilya.

Portant, il n'y a aucune raison objective et aucun changement par rapport aux années précédentes pour justifier l'édification de tels mûrs  et les candidats à l'immigration n'est pas un nouveau phénomène.
En réalité, l'édification de ces deux murs permet à l'Espagne de réaliser un triple objectif et ce grâce au financement du contribuable européen:

1)        Consacrer l'état de fait colonialiste au niveau de Sebta et de Mlilya sous le couvert d'édification d'un rempart contre " l'invasion  des immigrés africains ".

2)        Rendre la colonisation de Sebta et de Mlilya irréversible en associant l'Union Européenne. Ainsi, l'Espagne coloniale n'est pas isolée : toute revendication du Maroc déclencherait, par principe de solidarité,  l'opposition non seulement de l'Espagne mais de l'ensemble des pays de l'UE.  On a assisté à cette solidarité aveugle lors du conflit autour du rocher de Laila où même des députés européens Danois avaient condamné le Maroc sans même savoir qu'il s'agit d'un rocher au bord de la cote marocaine et non d'une région au centre de l'Andalousie.

3)        Tracer unilatéralement des frontières avec le Maroc tout en élargissant arbitrairement le territoire de ces deux colonies.



Le mur de Sebta
Lancé en 1998, il s'agit d'une construction en béton, en acier et de barbelés de 8,5 km, doté d'une double haie grillagée haute de 2,5 mètres  qui se prolonge jusqu'aux larges des côtes avec la construction d'un " mur électronique " maritime baptisé (le SIVE).

Cette forteresse est également équipée d'installations de palpeurs dans le sol et d'un dispositif vidéo sophistiqué permettant de détecter le moindre mouvement sans oublier les patrouilles de la garde civile et de l'armée espagnoles, des  avions et navires de guerre consolident la " forteresse "  du ciel et de la mer.















Le mur de Mlilya

La barrière coloniale se compose de deux hautes barrières métalliques, surmontées de feuillards et équipées de capteurs, de détecteurs de mouvement, de projecteurs et de caméras infrarouges.
 
Des militaires effectuent des patrouilles 24 heures sur 24. La barrière, longue de six miles, qui fait penser à beaucoup d'Arabes qu'ils vivent sur une terre occupée, entoure une colonie illégale : elle a été doublée sur une hauteur de 20 pieds, ce qui va la rendre plus haute que le vieux mur de Berlin.















La stratégie du Maroc : wait and see

En se refugiant dans une position stérile caractérisée par le refus verbal du colonialisme espagnol, le Maroc officiel a adopté une stratégie dangereuse, une stratégie du spectateur qui a encouragé l'Espagne non seulement à annexer les deux villes marocaines de Sebta et Mlilya en leur offrant le statut d'autonomie mais aussi à les intégrer dans l'Union Européenne tout en élargissant leur superficie.

En effet, le fait de refuser de reconnaitre toute frontière provisoire avec les deux villes, le Maroc a encouragé implicitement l'Espagne à étendre le territoire des deux villes en grignotant dans les zones inhabitées avoisinantes près de Fnidaq pour Sebta et de Beni Nsar en ce qui concerne Mlilya.
Partant du principe selon lequel les deux villes de Sebta et Mlilya sont marocaines, il n'existe donc pas de frontières.  Les espagnols peuvent tracer et modifier les frontières,  cela ne modifie pas la problématique coloniale.
Mais ce n'est pas la stratégie des espagnols: les deux villes étaient dans une situation de sans frontières visibles,  mais depuis 1998, les frontières sont bien réelles et sont finacées par l'Union Européenne…

Le Maroc avait intérêt de reconnaître, même provisoirement, la frontière des deux villes pour empêcher toute expansion coloniale et donc faciliter les négociations futures avec l'Espagne.

Il est plus facile d'abandonner un territoire minuscule de 10 km2 peuplé de casernes militaires qu'une ville de 20 km2 et de 70 000 habitants.





















Ainsi le territoire de Sebta et de Mlilya qui ne dépassait pas chacun 10 km2 en 1924, a atteint aujourd'hui, par la stratégie de grignotage, une superficie 18,5 km2 et 20 km2 respectivement.

Par ailleurs,  l'Espagne est consciente,  dans le cadre de la mondialisation et de l'intensification de la concurrence, de l'intérêt économique du Maghreb où elle multiplie les opérations économiques et les interventions politiques pour accroitre sa part de marché dans cette région stratégique.

Pour de multiples raisons, l'expansion économique de l'Espagne au Maghreb ne peut se faire que via le Maroc. Ainsi, on a assisté au cours de ces dix dernières années à un renforcement sans précédent de la présence économique, politique et culturelle de l'Espagne au Maroc. 

Mais la présence de colonies au Nord du Maroc refait surface de manière intermittente et jette une incertitude sur les relations économiques espano-marocaines. Il y a eu des tensions très graves avec le gouvernement d'Aznar à propos du rocher de Laila, des tension avec le gouvernement socialiste lors de la visite de Zapatero à Sebta et Mlilya en 2006, et suite au voyage du roi Juan Carlos aux colonies de Sebta et Mlilya, le 5 novembre 2007.

L'expansion économique de l'Espagne au Maroc et Maghreb subie l'influence négative de sa présence coloniale. Par conséquent, il est fort probable que, dans le futur, l'Espagne finirait par liquider une partie de son héritage colonial en évacuant les plus petites colonies et les rochers sans aucun intérêt éparpillés le long des plages marocaines ( Badis, Nkor, Laila, Aljaafariya…) en les représentant à la Communauté Internationale comme des " concessions douloureuses" pour maintenir et demeurer intransigeante sur les deux plus importantes colonies à savoir Sebta et Mlilya.

Sebtamlilya.net